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Gaza: faute de moyens, le PAM contraint de réduire drastiquement son aide humanitaire
information fournie par AFP 19/10/2026 à 17:57

Un Palestinien porte un colis alimentaire fourni par le Programme alimentaire mondial le 27 octobre 2025 dans le centre de la bande de Gaza ( AFP / BASHAR TALEB )

Un Palestinien porte un colis alimentaire fourni par le Programme alimentaire mondial le 27 octobre 2025 dans le centre de la bande de Gaza ( AFP / BASHAR TALEB )

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé lundi devoir réduire, faute de moyens, ses opérations humanitaires à Gaza, diminuant de 500.000 le nombre de personnes aidées chaque mois, tout en appelant le monde à ne pas "détourner le regard" du territoire dévasté par la guerre.

Depuis le début de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, lancée en riposte à l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, "les familles (...) vivent dans des conditions humanitaires extrêmement difficiles", a déclaré à l'AFP Shaun Hughes, directeur du PAM dans les territoires palestiniens.

Environ 1,4 million de personnes, sur 2,1 millions d'habitants, "se trouvent toujours en situation d'insécurité alimentaire aiguë et ont besoin d'une aide humanitaire pour survivre", surtout à l'approche de l'hiver, a-t-il souligné depuis les bureaux de l'organisation onusienne à Beit Hanina, un quartier de Jérusalem-Est.

Pour Salem Abou Mamar, 29 ans, qui vit à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, l'aide humanitaire constitue une "bouée de sauvetage". Il redoute que sa réduction "n'entraîne à nouveau une propagation de la faim" et appelle "les organisations internationales à ne pas abandonner la population".

"Pénuries de financement"

En août 2025, un organisme de l'ONU, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), avait proclamé l'état de famine à Gaza, Israël dénonçant des "mensonges".

La situation s'est ensuite améliorée à la faveur du cessez-le-feu d'octobre ayant permis un afflux accru d'aide, et les Nations unies avaient annoncé en fin d'année que le territoire n'était plus considéré comme étant en situation de famine.

Depuis lors, le PAM a fourni chaque mois "une aide à environ 1,6 million de personnes sous forme de colis alimentaires, de farine de blé, de pain, de repas chauds, de soutien nutritionnel, de collations scolaires et d'assistance en espèces", détaille l'organisation dans un communiqué.

Mais des "pénuries de financement" l'empêchent désormais de "maintenir ce niveau de soutien". Le PAM se dit ainsi "contraint" de réduire son aide alimentaire "d'environ un tiers", déplorant qu'"un demi-million de personnes perdront l'accès à une aide essentielle".

"Ce sont les choix que nous devons faire pour garantir que nos ressources (...) durent le plus longtemps possible", a expliqué M. Hughes.

Un autre habitant de Gaza, Ayman Daghmash, confie son inquiétude: "Nous avons déjà beaucoup de mal à nourrir nos enfants". "Si l'aide cesse d'affluer de toutes parts, comment allons-nous (les) nourrir?" s'interroge cet homme de 40 ans.

Samaher al-Najjar, 45 ans, exprime la même angoisse. "Le plus dur pour une mère, c'est de voir ses enfants avoir faim et de ne pas pouvoir leur donner à manger".

Rations réduites de moitié

Parallèlement à cette réduction du nombre de bénéficiaires, le PAM dit devoir également diviser par deux les rations distribuées.

"Les familles bénéficiant d'une aide alimentaire ne recevront désormais plus qu'un seul colis alimentaire, ainsi qu'un sac de farine de blé de plus petite taille", précise l'agence. Le nombre de repas chauds servis quotidiennement va également chuter de 250.000 à 150.000.

Les transferts monétaires, destinés à permettre aux habitants d'acheter de la nourriture dans les commerces, ont aussi été revus à la baisse.

Distribution de colis alimentaires fournis par le Programme alimentaire mondial le 27 octobre 2025 dans la bande de Gaza ( AFP / BASHAR TALEB )

Distribution de colis alimentaires fournis par le Programme alimentaire mondial le 27 octobre 2025 dans la bande de Gaza ( AFP / BASHAR TALEB )

Principalement financée par les contributions volontaires des gouvernements des Etats membres de l'ONU, ainsi que par des dons privés, l'agence affirme faire face à une forte baisse de ses ressources.

En 2026, elle dit avoir reçu moins de la moitié des financements consacrés à ses opérations dans les territoires palestiniens par rapport aux années précédentes et estime avoir besoin de "450 millions de dollars" (environ 400 millions d'euros) pour maintenir ses activités à Gaza et en Cisjordanie occupée au cours des six prochains mois.

Début septembre, l'agence avait déjà réduit de moitié le nombre de bénéficiaires de son assistance en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, de 400.000 à 200.000 personnes.

A Gaza, Shaun Hughes appelle la communauté internationale à poursuivre son soutien.

Ce n'est "pas le moment" de "détourner le regard", dit-il. "C'est au contraire le moment pour le monde entier de s'engager à soutenir la population pendant cette période difficile".

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